Qu'est-ce qu'une geogrid SEO (carte de chaleur de positionnement) ?

Un quadrillage de points autour d'une adresse, une couleur par point : la geogrid rend visible une réalité que le rang moyen masque. Encore faut-il savoir ce qu'elle mesure — et ce qu'elle mesure pour rien.

Une geogrid — ou carte de chaleur de positionnement — est un quadrillage de points géographiques posé autour d'une adresse, sur lequel un outil relève la position d'une fiche d'établissement pour un mot-clé donné. Chaque point prend une couleur selon le rang obtenu : on voit d'un coup d'œil jusqu'où porte la visibilité, et où elle s'arrête. C'est une méthode d'échantillonnage d'un territoire, parmi d'autres — pas la seule façon de mesurer une visibilité locale.

Anatomie d'une grille : rayon, densité, pas de mesure

Trois réglages définissent entièrement une geogrid, et ils décident à eux seuls de ce qu'elle coûte et de ce qu'elle montre.

Les trois réglages

  1. Le rayon. La distance couverte depuis le point central, généralement l'adresse de l'établissement. Un rayon de 2 km décrit un quartier ; un rayon de 20 km décrit une agglomération et ses champs.
  2. La densité. Le nombre de points par côté : 3 × 3, 5 × 5, 7 × 7, parfois 13 × 13. Une grille 5 × 5 fait 25 mesures ; une grille 7 × 7 en fait 49, soit le double du coût pour le même rayon.
  3. Le pas de mesure. La distance entre deux points voisins, qui découle des deux précédents. C'est la vraie résolution de la carte : deux points distants de 3 km ne disent rien de ce qui se passe entre eux.

Ces trois réglages se contraignent mutuellement. Élargir le rayon sans augmenter la densité étire le pas, et la carte devient une approximation grossière. Augmenter la densité à rayon constant multiplie le nombre de relevés — donc le coût — pour affiner une zone qui n'est pas forcément celle où se trouvent les clients.

Comment lire une carte de chaleur

La convention de couleurs est stable d'un outil à l'autre, et c'est ce qui rend ces cartes immédiatement lisibles : vert pour les positions 1 à 3, orange pour les positions 4 à 10, rouge au-delà du top 10.

Schéma de lecture — vert : positions 1 à 3 · orange : positions 4 à 10 · rouge : hors top 10. Ces couleurs illustrent la convention ; ce ne sont pas des relevés réels.

Trois indicateurs se lisent sur une même carte. La part de voix top 3 est la proportion de points verts : quarante-deux points verts sur cent vingt mesures donnent 35 %. La position moyenne est la moyenne des rangs relevés — utile pour suivre une tendance, trompeuse pour décrire une situation, puisqu'elle mélange des endroits sans rapport commercial entre eux. La zone de dominance est la tache verte continue autour de l'adresse : sa forme et son étendue disent bien plus qu'un chiffre unique.

Une remarque de lecture, qui vaut pour toutes ces cartes : la tache verte n'est presque jamais un cercle. Un fleuve, une voie ferrée, une zone commerciale concurrente la déforment — et c'est précisément l'intérêt d'une mesure géolocalisée par rapport à un rayon théorique.

Grille automatique ou points déclarés : deux façons d'échantillonner

Une geogrid génère ses emplacements par calcul : rayon, densité, et les coordonnées tombent où elles tombent. L'autre approche consiste à déclarer les emplacements un par un — le centre-ville, la zone d'activité, l'adresse d'un concurrent, la commune limitrophe d'où viennent 20 % des clients.

Avantages

  • La grille couvre un territoire sans qu'on ait à réfléchir à ses emplacements
  • Elle rend une image continue, agréable à présenter
  • Elle révèle des trous de visibilité qu'on n'aurait pas pensé à vérifier

Inconvénients

  • Chaque point coûte une mesure, y compris ceux posés sur un champ ou une zone industrielle
  • Les emplacements n'ont pas de nom : ils se lisent en coordonnées ou en cases
  • Deux relevés successifs ne sont comparables que si la grille n'a pas bougé d'un mètre

Les deux méthodes répondent à des questions différentes. La grille répond à « jusqu'où porte ma visibilité ? ». Les points déclarés répondent à « suis-je visible là où je veux l'être ? ». La première est une question de découverte, la seconde une question de pilotage — et on ne se la pose pas au même rythme.

Le point mort de la grille régulière

Une grille est une figure géométrique. Elle ignore où sont les habitants, les bureaux, les zones commerciales et les axes de passage. Sur une grille 7 × 7 posée autour d'un artisan installé en périphérie, il n'est pas rare qu'une quinzaine de points tombent sur des terres agricoles, une forêt ou une zone industrielle vide le week-end.

Ces points sont mesurés, facturés, coloriés — et ils ne décrivent aucune opportunité commerciale. Pire, ils entrent dans la moyenne : une grille dont un tiers des points est posé là où personne ne cherche produit une part de voix top 3 mécaniquement basse, et une courbe qui bouge pour des raisons sans rapport avec le marché.

Le problème symétrique existe aussi. Une commune limitrophe d'où provient une part importante de la clientèle peut tomber entre deux points de la grille, ou juste au-delà du rayon. Elle n'est alors pas mesurée du tout, et rien dans la carte ne le signale.

Deux cas concrets

Un commerce de centre-ville. La clientèle vient d'un rayon de deux kilomètres, essentiellement à pied ou en transports. Une grille serrée sur ce rayon a du sens : les points tombent tous dans des rues habitées, et la carte décrit un territoire homogène. C'est le cas où la geogrid est la plus fidèle.

Un artisan en zone d'intervention. L'entreprise est domiciliée dans un village et intervient sur trente communes. Une grille centrée sur le siège passe l'essentiel de son budget sur des zones sans habitants, et rate les bourgs qui font le chiffre d'affaires. Ici, une poignée d'emplacements choisis — les six communes qui pèsent le plus — décrit mieux la réalité que quarante-neuf points calculés.

La comparaison complète des deux méthodes, avec le coût par mesure et une méthode d'échantillonnage en cinq étapes, fait l'objet de l'article suivant de ce silo. Pour le cadre général du suivi de position, voir le guide du suivi de positionnement SEO local.

Non, elle répond à une autre question. Un suivi classique dit à quel rang une page se classe pour un mot-clé ; une geogrid dit où une fiche d'établissement apparaît sur un territoire. Les deux mesures portent sur des surfaces de résultats différentes et ne s'additionnent pas.
Cela dépend de la zone de chalandise réelle, pas d'une règle. Un commerce de proximité se décrit bien avec un rayon de 2 à 3 km ; une activité qui se déplace demande soit un rayon large, soit — plus économe — des emplacements choisis dans les communes qui comptent.
Parce que la distance entre la personne qui cherche et l'établissement est un facteur central du classement local selon la documentation de Google, et parce que d'autres établissements sont plus proches de ce point-là. Une chute rapide du vert au rouge signale généralement un concurrent bien placé juste à côté.

Sources

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